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Une maison bioclimatique à Montastruc

(Tarn & Garonne)

Le bioclimatique, c'est du sérieux !

Le terme bioclimatique n'est pas référencé dans les dictionnaires, pourtant il correspond à une approche bien réelle de l'architecture qui intègre à la fois le bon sens hérité des anciens et la technologie de pointe.

Les principaux objectifs de ce type de construction sont :

Les moyens dont on dispose pour atteindre les objectifs cités sont l'implantation et l'orientation de la maison, son architecture, sa disposition intérieure, le choix des matériaux, leur disposition respective et leurs propriétés intrinsèques.

Ces principes ainsi appliqués, la maison doit pouvoir satisfaire quatre fonctions principales :

Les éléments bioclimatiques dans l'architecture traditionnelle

1 - Le balet

Cet élément d'architecture souvent exposé sud-est, est présent dans de nombreuses fermes du Quercy. Cette sorte de véranda ouverte, située au centre du bâtiment constitue bien plus qu'une entrée de grandes dimensions, il s'agit d'un lieu de vie en particulier à la belle saison. Bien que l'espace soit ouvert sur l'extérieur, le balet constitue une zone tampon entre l'intérieur et l'extérieur de la maison tant pour les échanges humains que climatiques.

L'analyse des différents types de vérandas connus fait apparaître que le balet des anciens, si on lui adjoint une baie vitrée devient en fait une véranda de type « encastrée » . Il s'agit de la solution la plus performante d'un point de vue énergétique par rapport aux vérandas de types « en verrue » ou en angle. En effet, la quasi totalité de la chaleur piégée est transférée vers le logement car la surface de contact entre véranda et logement est maximale.

2 - La terre crue

Elle a souvent été utilisée dans les maisons traditionnelles soit sous forme de pisé ou d'adobe. La terre crue a des propriétés de régulation hygroscopique et thermique. Sa porosité permet en effet d'absorber l'excès d'humidité et sa forte inertie de limiter les varia-tions de température à l'intérieur de la maison, d'où la fraîcheur en été et l'économie de chauffage en hiver.
Un mur de terre crue exposé au soleil ou derrière une cheminée fait office d'accumulateur et restitue la nuit la chaleur emmagasinée dans la journée.

La maison de Montastruc

1 - Un site adapté

Le terrain choisi est en pente régulière dans le sens Nord-Sud. La maison est adossée au talus naturel existant qui la protége de l'influence du Nord, tout en s'ouvrant au sud.

2 - La conception de la maison

a) La distribution des pièces

Elle s'articule autour du balet vitré qui constitue un système solaire passif et donc est un lieu de production de chaleur.
Pour obtenir une bonne distribution de cette chaleur en hiver, les pièces principales (séjour, chambre, bureau) ont un accès au balet vitré.
Deux chambres sont orientées à l'est pour un réveil au soleil et pour éviter les éventuelles surchauffes en été.
Au contraire, sur la façade nord sont situées des pièces qui servent d'espace tampon : garage, cellier, cave.
Dans un souci d'économie d'énergie, la distribution des pièces permet aussi d'avoir un maximum de lumière naturelle dans les pièces où l'on vit (séjour, coin repas, bureau).

b) Les systèmes solaires actifs

Une surface assez importante de capteurs solaires a été installée sur le site de Salagnac.
Deux types de capteurs seront présents : des capteurs thermiques qui ont été installés dès la construction et des cellules photovoltaïques plus tard.
Pour un rendement maximum, les capteurs thermiques ont été orientés plein sud et sur un support avec une pente de 45°. Ces capteurs sont placés sur le terrain au dessus de la maison.

Les chauffages par le sol installés il y a 20 ou 30 ans fonctionnaient à des températures élevées et ces systèmes se sont vus rapidement reprocher leur inconfort.
Aujourd'hui, quelle que soit la source d'énergie, la température des sols chauffés grâce à un système de plancher chauffant ne dépasse pas 28°. Cette précision est très importante pour un concept bioclimatique puisque ce type de plancher chauffant va pouvoir fonctionner à l'énergie solaire, d'où le nom de plancher solaire direct (PSD).
Un réseau de tubes de faible diamètre dans lesquels circule un fluide caloporteur réchauffé au niveau des capteurs thermiques a donc été installé dans la maison de Montastruc.

Une mini centrale photovoltaïque raccordée au réseau EDF sera également mise en place. Le courant produit par les cellules photovoltaïques placées sur le toit sera soit directement utilisé dans la maison ou injecté dans le réseau si la production est supérieure à la demande.
Ce dispositif d'une puissance de 1.1Kw/h devrait normalement couvrir près de la moitié des besoins en électricité.

c) Le chauffage au bois

Le chauffage solaire a le grand avantage d'être propre et très économique à l'utilisation, mais il ne couvre pas tous les besoins, 30 à 50% doivent être assurés par un complément. Le bois est une énergie renouvelable et économique si l'approvisionnement est facile, ce qui est le cas à Montastruc, une chaudière à bois prend donc le relais du solaire.

d) Les matériaux utilisés

Leur choix a également été motivé par la tradition et le bioclimatique.


Remarques d'ordre général


Auteur de cette fiche
Jean-François Saint-Hilary & Claire Régny - 05.63.31.69.01

Bibliographie
Cabinet Olivier SIDLER Ingénieurs Conseils : «Logements à faible besoins en énergie, guide de recommandations et d'aide à la conception»

Conception : Spheerys.com